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mardi, 21 août 2012

PRESENTATION HISTORIQUE DE LA LUNETTE 10

Langres, Fortifications, Lunette 10, Présentation historique :

La « lunette 10 » : un patrimoine rare

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La lunette « 10 » (le nombre est tiré de la nomenclature militaire qui a l’habitude de numéroter les différents ouvrages et bâtiments !) est un ouvrage fortifié faisant partie des défenses de la citadelle.

Construite en 1848 en même temps que la citadelle elle-même, elle se présente sous la forme d’un fortin polygonal entouré de profonds fossés et entièrement autonome.

Installée à quelques dizaines de mètres en avant des bastions de la citadelle, elle est une sorte de « sentinelle », un point d’appui avancé destiné à ralentir une attaque venant du plateau.

Ouvrages rares et fragiles du fait de leur isolement, les lunettes ont souvent été démolies suite à l’extension périurbaine; Langres a la chance d’en conserver encore une (sur les deux originelles).

Bien que propriété militaire jusqu’en 2001, les fossés ont été comblés aux 2/3.

Désormais propriété de la ville de Langres et nonobstant son non entretien depuis plusieurs décennies, cet ouvrage possède un solide potentiel que la collectivité souhaite révéler et encourager via des opérations concertées de restauration.

 

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Plan de la Lunette 10 vers 1849
 
 
 

La « lunette 10 » : des atouts indéniables

 

  • elle est proche du cœur de la ville, facilement accessible (à 200 mètres et visible de la RN 74)
  • elle est pourtant isolée, sur les anciens glacis de la citadelle, dans un environnement naturel de qualité (pelouses sèches, alignement d’arbres, vues imprenables sur la vallée de la Marne…)
  • elle est bien construite : son réduit fortifié est entièrement conservé, son unique porte a gardé son dispositif de pont-levis (le seul « survivant » à Langres) qui peut facilement être réinstallé…
  • son architecture est compacte, facilement lisible dans le paysage, rapidement repérable (contrairement aux fortifications de la citadelle plus complexes et vastes)
  • elle recèle dans ses entrailles une pièce unique : une galerie de fusillade. Sorte de souterrain de 200 mètres de long pourvu de meurtrières, elle était destinée à contrôler la base des fossés !

 


Le pont-levis

 

Entre 1844 et 1856, une dizaine de pont-levis (dont 5 doubles !) sont construits par le Génie pour équiper les huit kilomètres d’enceinte. Ce sont tous les même modèles: des pont-levis à la Poncelet. Du nom du capitaine qui l’a inventé, ce type de pont-levis a connu un grand succès au milieu du XIXe siècle.

Ce pont-levis à contrepoids variable, est constitué de deux chaînes de relevage (A) passant sur deux poulies de renvoi (B) et se termine par un contrepoids (C) formé d’une chaîne à maillons très lourds qui peut descendre dans une fosse (D).

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Au fur et à mesure que le tablier (E) est relevé via la manœuvre par un seul soldat d’une chaîne sans fin (F) et d’une grosse poulie (G), une longueur croissante de la chaîne repose au fond de la fosse et cesse d’agir.

On a ainsi diminution continue et régulière de l’effort de traction ! La chaîne de Poncelet est constitué de 3 à 7 files accolées de gros maillons de fonte ou « masselottes », reliés par des axes munis de goupilles : c’est dans ce nombre d’articulations sujettes à la corrosion que réside la principale cause de dérèglement du mécanisme et son principal défaut.

Dans la pratique, la « chaîne à masselottes » est suspendues à la chaîne de relevage non en bout mais au milieu, et accrochée à des consoles par les deux extrémités, ceci pour rendre le mouvement plus souple et diminuer les oscillations.